Mercredi le 7 octobre 2015, la Coalition contre le travail précaire a annoncé une journée d’action, qui comprenait une conférence de presse au Parc Jarry à Montréal. C’était en solidarité avec la Confédération syndicale internationale pour la Journée Mondiale du Travail décent, une conférence d’une journée qui a réuni environ 100 personnes. La liste de la coalition de demandes sont: 1) un salaire minimum de 15 $/heure indexé au coût de la vie; 2) soins de santé universels pour tous, indépendamment du statut de l’immigration; 3) la réglementation et la surveillance des agences temporaires et accès à la justice pour ceux qui ont été victimes d’abus de l’employeur ; 4) fin de la discrimination contre les travailleurs domestiques en leur accordant les droits aux indemnités de maladie et l’indemnisation des travailleurs et 5) le droit des travailleurs temporaires de demander la résidence permanente au Québec.

Grâce à cet effort, la Coalition Contre le Travail Précaire cherche à rejoindre Montréal avec le nombre croissant de villes nord-américaines, et même les provinces et les États, qui ont adopté (avec des conditions variables) le salaire minimum à 15$/heure – à savoir, Seattle, San Francisco , Los Angeles, Washington DC, en Alberta (pour les travailleurs fédéraux) et de l’Etat de New York (pour les travailleurs de la restauration rapide). Cependant, comme sa plate-forme indique clairement, la coalition voit la lutte pour le 15$ comme une partie d’une série de revendications pour un meilleur traitement des travailleurs temporaires, en particulier, les immigrants. Ce faisant, le CCTP unit ses forces à la campagne 15+ au Québec dirigé par Alternative Socialiste, dont les affiches «TOUT SAUF AUGMENTE NOS SALAIRES: LES SALAIRES AU INDEXEZ COÛT DE LA VIE» ont déjà été collé à des structures publiques, flamboyant le chemin de la station de métro local vers le site de l’action.

Le CCTP représente un certain nombre d’organisations d’étudiants et de travailleurs immigrants qui se sont réunis en 2013 pour poursuivre meilleures conditions de travail pour les quelques 450.000 travailleurs non syndiqués au Québec, qui travaillent à ou près du salaire minimum actuel de 10,55$ de l’heure avec un contrat à court terme – souvent qu’une journée – et sans les avantages sociaux des travailleurs syndiqués, tels que la négociation collective, les jours de maladie, l’indemnisation des accidents du travail, salaire pour invalidité et les pensions.

Les groupes constitutifs de la coalition comprennent le Centre de Travailleuses et Travailleurs Immigrants, Étudiant-e-s socialistes de l’UQAM, Dignidad Migrante, Mexicain.es Uni.es pour La régularisation, PINAY, Collectif des immigrants Espagnols de Montréal, Association des Travailleurs/euses Temporaires d’Agences de placement et l’Association des Travailleurs/euses Étrangers Temporaires. La journée d’action a été menée par Viviana Medina, membre du Centre des Travailleuses et Travailleurs Immigrants, et membre fondatrice de la coalition, qui avait été invitée à parler plus tard dans la journée à la conférence de la Journée du travail décent.

La journée d’action, qui, initialement, comptait environ 30 personnes, a augmenté à environ 100 à midi, quand les panélistes à la conférence de la Journée mondiale – une combinaison d’universitaires, de militants syndicaux et d’activistes communautaires – ont exhorté tous les participants à se joindre à la journée d’action dans le Parc Jarry à travers la rue. Ironiquement, l’objet de plusieurs groupes de discussion était précisément à propos de la nécessité de mobiliser : quelque chose que les travailleurs immigrés étaient déjà en train de concrétiser.

Pendant l’action, les membres de la coalition du Mexique, la Bolivie, la Chine, les Philippines et l’île Maurice ont parlé des conditions inhumaines de travail auxquels ils sont confrontés, le rôle destructeur des agences d’intérim, le désespoir causé par ces conditions, et comment ils voient la lutte pour le 15$/heure dans le cadre d’une lutte plus large, comme exprimé par Julien Daigneault d’Étudiant-e-s socialistes de l’UQAM : « La lutte pour le 15$ ouvre de nombreuses questions au sujet de qui fait vraiment le travail dans notre société, et qui a le pouvoir d’effectuer les changements que nous souhaitons tous voir. En tant que travailleurs, nous pressons les leviers et fournissons l’énergie qui font avancer les trains, qui font que les usines produisent. Pensons à la façon d’exploiter ce pouvoir de créer notre propre parti, le parti des travailleurs qui représentera nos besoins et posons un défi à l’ordre de l’entreprise existante ».

Plus important encore, au Québec, la lutte pour le 15$ est menée en toile de fond de la rotation, les grèves de 6 jours à l’échelle provinciale appelés par les syndicats du secteur public, et de protestations des parents de l’école publique en colère au sujet des compressions à l’éducation de leurs enfants appelés Protégez nos écoles. En mettant en lumière l’exploitation des immigrés par les agences d’intérim ou de placement, le CCTP soulève également des questions sur le rôle plus important que ces organismes jouent à fragmenter la solidarité des travailleurs, ainsi que leur potentiel de fournir des travailleurs de remplacement pendant les grèves. De même, en faisant la demande pour tous les travailleurs temporaires, le CCTP cherche à effacer les distinctions qui divisent les travailleurs, comme celle entre les travailleurs domestiques et non domestiques, faites par les politiciens et les employeurs.

Un défi clé de la lutte pour le 15+ et le CCTP est de savoir comment elle peut s’appuyer sur cette dynamique et mobiliser la main-d’œuvre pour l’adoption du salaire minimum de 15$/heure par le parti souverainiste, Québec Solidaire. Un deuxième défi, de plus en plus important à la lumière de l’islamophobie déclenchée par l’élection fédérale, est d’accentuer les demandes pour des salaires plus élevés et pour la dignité des immigrants pour inclure un soutien explicite pour les musulmans.